Asnières : la confiance entre le Maire et les employés de la ville est rompue

Grève des agents de la ville le 16 juin 2010

Grève des agents de la ville le 16 juin 2010

C’est du jamais vu dans l’histoire de la ville.

Hier, mercredi 16 juin 2010, 600 agents de la ville d’Asnières-sur-Seine se sont mis en grève contre les mesures anti-sociales que souhaitait prendre le maire PS Sébastien Pietrasanta.

Ils ont manifesté leur opposition au maire devant les marches de l’hôtel de ville.

Un employé de la ville,  Gérard*, raconte :  “Je travaille à la ville depuis 15 ans. Je n’ai jamais vu ça. Cela faisait pas mal de temps que ça bouillait entre les services municipaux et le cabinet du maire. Mais là, c’était trop”.

L’origine du clash : un protocole global rédigé en catimi par le maire et son cabinet et qui allait supprimer bon nombre d’acquis aux personnels de la commune.

“Le Maire et son équipe n’ont pas eu de scrupule quand ils se sont votés des indemnités à taux plein !”

“Il n’y a pas eu de concertation. Nous n’avons pas été écoutés. Le maire nous a promis monts et merveilles en arrivant en 2008 : aujourd’hui il nous allume” poursuit Gérard. Et d’ajouter : “Il veut toucher aux acquis, notamment ceux des agents aux revenus les plus faibles de la mairie. Qu’il commence par diminuer ses indemnités de maire ainsi que ceux de ses maires-adjoints. Eux n’ont pas eu de scrupule quand ils se sont votés des indemnités à taux plein !”.

Pour Gérard, le malaise au sein de l’équipe municipale est bien réel : “Le maire a embauché des directeurs à tour de bras, dans tous les services. Ce sont des cadres A : imaginez le revenu qu’ils touchent et ce que cela coûte à la ville ! Or, il y avait déjà des directeurs. Voilà, on nous fait payer le prix de la chasse aux sorcières ! C’est injuste”.

Manuel Aeschlimann, ancien Maire UMP de la ville est venu soutenir les agents hier sur les marches de la mairie.

“Quand on a vu Monsieur Aeschlimann venu nous soutenir, on a tous applaudi. Cela faisait chaud au coeur, vraiment” ajoute Gérard.

Manuel Aeschlimann s’explique : “Monsieur Pietrasanta ayant décidé un certain nombre de mesures anti-sociales, ainsi que la remise en cause brutale de nombreux acquis du personnel, il a suscité le rejet de son projet et de ses méthodes.”

Aujourd’hui, la confiance entre les agents de la ville et leur maire est rompue.

Il est revenu sur son projet de protocole global dans la journée.

“Pourquoi avoir opéré un volte-face aussi rapide, dans la journée même ? Le maire savait que nous allions manifester. Il aurait pû éteindre le feu avant… Cela démontre bien l’étendue de son incompétence” s’interroge Gérard, décidemment bien remonté.

 

* le prénom de l’agent a été modifié afin de préserver son anonymat.

 

 

 

Bookmark and Share


Vous pouvez laisser un commentaire, ou un trackback depuis votre site.

Laisser une réponse

Entrez votre commentaire dans la boite ci dessous :