Pour que le lycée Renoir signe un contrat de partenariat avec Sciences Po

Sciences Po Paris
Tribune d’Arnaud CONSTANS, Asniérois
Voici plusieurs semaines, j’avais, avec Nicolas Cellupica, attiré l’attention de Richard Descoings, le directeur de Sciences Po, sur la situation du lycée Renoir d’Asnières concernant les Conventions Education Prioritaire (CEP) (lire l’article du Parisien sur ce sujet en cliquant ici). A l’heure où de nombreux lycées de Hauts de Seine ont développé un partenariat avec Sciences Po pour permettre à leurs lycéens d’intégrer la prestigieuse institution par une procédure aménagée, le lycée Renoir ne bénéficie toujours pas de ce dispositif.
Aujourd’hui encore, de nombreux lycées, conscients de la chance que leur offre ce partenariat, ont porté leur candidature auprès de Sciences Po pour conclure une CEP. Mais du coté du lycée Renoir d’Asnières, rien n’a changé. Au cours de la rentrée 2009, 126 étudiants ont franchi la porte d’entrée de l’institution par cette voie : parmi eux, aucun Asniérois…. alors même que trois jeunes colombiens étaient de la partie!
On peut trouver cela regrettable, d’autant plus que le mode d’admission CEP a fait ces preuves. Instauré en 2001 en plein débat sur la discrimination positive, il a permis à des dizaines de jeunes d’intégrer Sciences Po et d’y poursuivre leurs études, avec succès. D’après les statistiques proposées par l’administration de Sciences Po, près de la totalité des diplômés issus de la première promotion CEP ont actuellement trouvé un emploi, dans le domaine de la finance pour la majeure partie d’entre eux.
Tous les indicateurs montrent que les étudiants entrés à Sciences Po par la procédure CEP ont des résultats équivalents à ceux des autres étudiants, recrutés sur concours ou grâce à une mention très bien au baccalauréat. En outre, la procédure CEP bénéficie à 60 % à des étudiants issus de Catégories Socio-Professionnels défavorisées: leur promotion sociale est donc grandement facilitée. D’ailleurs, la politique sociale de Sciences Po accompagne ces étudiants pour une meilleure intégration, et des conditions de travail optimales : bourses d’étude, logement étudiant, parrainage avec des personnalités reconnues du monde de l’entreprise.
Un carte d’Ile de France indique que la grande majorité des communes proches d’Asnières ont au moins un lycée ayant signée une Convention Education Prioritaire: Colombes, Clichy, Nanterre, Epinay, Saint-Ouen, La Courneuve…
Un des arguments avancés contre la signature par le lycée Renoir d’un partenariat avec Sciences Po réside dans la dégradation de l’image du lycée qui en résulterait. Or, on peut légitimement s’interroger sur la pertinence d’un tel raisonnement.
Signer un tel partenariat, c’est inviter les élèves à prendre conscience que les portes des grandes écoles ne leur sont pas fermées, c’est leur donner la soif d’apprendre nécessaire à l’entrée à Sciences Po, c’est créer une émulation dans les classes.
Espérons que ces quelques lignes amèneront les autorités Asniéroises compétentes à envisager sérieusement la signature d’une Convention Education Prioritaire.
Arnaud CONSTANS
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