Finances locales asniéroises : une autre analyse est possible

Mouncef ASLAF
Il y a une dizaine de jours, en feuilletant l’édition du mois d’octobre d’Asnières Infos, je suis tombé sur un article intitulé « Toute la vérité sur la dette de la ville » (pages 18 à 22) que je me suis bien entendu empressé de lire tellement j’étais curieux de découvrir cette « fameuse » vérité.
Ce blog me permet d’y donner mon analyse et mon point de vue.
Tout d’abord, mon attention s’est portée sur l’explication donnée par la Chambre régionale des comptes sur les finances de la ville d’Asnières, qui est reprise en page 19. Cette institution souligne en effet que les produits structurés « ont bien souvent été présentés par les établissements financiers comme générant de fortes économies d’intérêts. Cela est vrai sur la période « bonifiée » mais cette économie peut s’avérer transitoire, si le marché n’est pas favorable à l’emprunteur ». On y voit déjà un argument solide et un justificatif fiable quant au choix de l’ancienne équipe municipale.
Il faut savoir, et nul doute que nombre d’Asniérois l’auront compris, que la typologie de ces emprunts réalisés par la Mairie d’Asnières à l’époque était le choix privilégié par la quasi-totalité des grandes entreprises, des plus grandes banques et institutions financières, par les petites et moyennes entreprises, mais aussi, et plusieurs enquêtes le prouvent, par un très grand nombre de collectivités et municipalités.
La suite, nous la connaissons. La sphère financière a connu au niveau mondial une grave crise dont on n’arrive toujours pas à connaître les véritables causes ni l’ampleur. Beaucoup mettent l’accent sur les produits qui sont devenus « toxiques » depuis l’automne 2008 seulement, c’est-à-dire une fois la crise réellement installée dans le paysage économique et financier.
Alors que faut-il faire ?
La posture prise par la municipalité est facile et simple : arriver après et critiquer ensuite. En réalité, tout le monde aura bien compris que le discours de la Mairie sert à « justifier » la récente hausse brutale et sans précédent des impôts locaux.
Si la Mairie voulait aller au bout de son raisonnement et mener une guerre véritable contre les emprunts « toxiques », elle n’augmenterait pas les impôts : elle devrait plutôt attaquer les premiers responsables de cette situation, à savoir les banques. Les villes de Lyon et de Saint Etienne l’ont fait : elles ont assigné leurs banques devant les tribunaux, pour mettre en cause le défaut d’information et de vigilance des banques dispensateurs de crédit.
Voilà ce qu’en réalité, le Maire d’Asnières aurait dû faire s’il était véritablement soucieux des deniers publics locaux.
Au lieu de cela, il décide une augmentation d’impôts plus que de raison dont il se contente parfaitement pour embaucher de nombreux cadres A et renforcer la communication institutionnelle de la ville.
Est-ce bien raisonnable ?
Mouncef ASLAF, Asniérois
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3 novembre 2009
Bravo Mouncef, merci Nicolas.
Et que la majorité municipale reste mesurée dans ses attaques puisqu’elle aurait sans doute fait les mêmes choix comme l’ont fait les grandes collectivités territoriales de gauche que sont le département de Seine Saint Denis et le syndicat intercommunal Plaine Commune.